La Ministre du Pétrole, de la Géologie et des Mines, Madame Ndolenodji Alixe Naimbaye, à la tête d’une délégation, a effectué une visite de travail à Ouagadougou au courant de la semaine. Un déplacement sanctionné par un accord-cadre de coopération entre les deux pays du Sahel, dans le domaine minier. Le contenu de cet instrument juridique fixe les principes généraux d’un échange qui fait du Tchad la partie bénéficiaire et le Burkina Faso, l’Etat donneur d’appui technique, après avoir acquis une expérience avérée dans l’exploitation des ressources minières.
Selon le Ministère Tchadien du Pétrole, des Mines et de la Géologie, ledit accord couvre 14 domaines clés et prévoit notamment les échanges d’expertises techniques et scientifiques de pointe, l’harmonisation des politiques et réglementations minières, la formation des professionnels et transfert de technologies, la sécurité minière et gestion environnementale rigoureuse et la promotion conjointe des investissements miniers. Dans les faits, le grand bénéficiaire de cet accord est le Tchad qui a beaucoup à apprendre du Burkina Faso.
Ce pays connait une longue expérience en matière d’exploitation minière. Rien que l’or constitue 80% de ses exportations. Sous l’effet de ce métal précieux, le pays a réalisé un excédent de la balance commerciale au premier trimestre 2025.
Globalement, le pays des hommes intègre qui a libéralisé son secteur minier dans les années 1990 sous la pression de la Banque Mondiale et FMI est passé d’une exploitation artisanale à celle industrielle en 2007. Aujourd’hui, il compte plus de 17 mines industrielles en production. Il reste attarcif malgré le contexte sécuritaire difficile. Et bientôt l’exploitation du zinc, du manganèse, du cuivre et du nickel.
Au contraire, le Tchad a un secteur minier basé sur le mode artisanal et qui a beaucoup à apprendre de bonnes pratiques du Burkina Faso. Le cadastre minier complet n’est pas encore établi malgré la volonté des autorités de faire de l’exploitation minière une option stratégique dans la croissance économique.
L’exploitation est en grande partie artisanale, sur la base des autorisations minières. Un régime juridique non générateur d’impôts pour l’Etat et les Collectivités Autonomes, non porteur d’emplois pour la population et d’opportunités économiques. En effectuant le déplacement à Ouagadougou, la ministre Alixe Naimbaye, cherche les instruments de réappropriation des ressources aussi bien à l’égard des individus que de certaines sociétés minières.
Dans cet accord-cadre, comme pour toute coopération technique, le pays des hommes intègres mettra à la disposition du Tchad des experts et de techniciens, le transfert des bonnes pratiques en matière de règlementation minière.
Il est vrai que le Tchad a adopté son premier code minier avant le Burkina mais le contenu n’optimise pas l’exploitation minière. La réforme amorcée sous la transition maximise les retombées économiques locales. Le contenu local est encadré par décret, un registre des fournisseurs et sous-traitants agréés est mis en place, les sociétés minières doivent soumettre un plan annuel de contenu local, souvent validé par le Ministère des Mines, des quotas minimums de sous-traitance sont réservés de droit à des entreprises nationales. Les avenants, les protocoles spécifiques et les plans de travail vont permettre dans les jours à venir et préciser le contenu de cette coopération tchado-burkinabé.
Sans surprise, il sera question des activités aussi diverses que la formation, l’élaboration stratégique, le partage d’informations, l’accompagnementBas du formulaire, l’organisation de séminaires et ateliers conjoints, la mise à disposition de documents, de logiciels ou d’équipements techniques, la réalisation d’études géologiques, minières ou environnementales.
Un premier accord de coopération avait été déjà signé entre le Tchad et le Burkina mais il n’a pas produit long feu. La Ministre Alixe Naimbaye et son homologue se sont réjouis de la signature de ce deuxième accord.
Succès Ngarpolo/Dari Infos