À quelques jours de l’annonce officielle des résultats de l’élection présidentielle, prévue pour lundi 27 octobre, le Cameroun demeure plongé dans une atmosphère d’attente fébrile.

Dans plusieurs régions, notamment au Nord, les tensions montent et des manifestations se multiplient en soutien à l’opposant Issa Tchiroma Bakary.

Des foyers de contestation dans le septentrion

‎Depuis le 21 octobre, les villes du Nord Cameroun connaissent une série de rassemblements en faveur du candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), Issa Tchiroma Bakary. À Garoua, ses partisans ont à nouveau défilé dans les rues, réclamant la reconnaissance de ce qu’ils qualifient de « victoire confisquée ».

La mobilisation s’est ensuite étendue à d’autres localités.

À Ngaoundéré, capitale régionale de l’Adamaoua, la situation s’est tendue en milieu de semaine : plusieurs centaines de manifestants ont envahi les artères principales de la ville, entonnant des chants à la gloire de leur candidat. Certains groupes auraient tenté de marcher vers le lamidat, symbole de l’autorité traditionnelle locale, sans toutefois parvenir à franchir les dispositifs sécuritaires mis en place.

‎Des mouvements similaires ont également été signalés à Guider et Kaélé, dans la région du Nord, où les partisans du FSNC ont revendiqué haut et fort la victoire de leur leader.

Une contestation régionale de plus en plus structurée

‎Avec l’entrée en scène de Ngaoundéré, les trois régions septentrionales du pays : l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord s’imposent désormais comme l’épicentre des manifestations pro-Tchiroma. Les rassemblements y sont quasi quotidiens, portés par un fort sentiment d’injustice électorale.

‎Cependant, les autorités locales multiplient les appels au calme et à la retenue. Des messages en ce sens ont été diffusés sur les radios communautaires, relayés par des chefs religieux, des notables et des leaders d’opinion. Tous exhortent la population à éviter tout débordement en attendant la proclamation officielle des résultats.‎

Inquiétudes dans les grandes villes du Sud

‎À Yaoundé comme à Douala, la tension reste plus contenue, mais la prudence domine. Beaucoup de familles ont choisi d’anticiper d’éventuels troubles en faisant des provisions. Les marchés et supermarchés enregistrent une forte affluence depuis quelques jours.

‎Par mesure de précaution, plusieurs établissements scolaires et universitaires ont également suspendu les cours jusqu’à lundi prochain, date à laquelle le Conseil constitutionnel doit proclamer les résultats définitifs du scrutin.

Entre attentes et incertitudes

‎Alors que le pays retient son souffle, l’enjeu dépasse désormais la simple annonce d’un vainqueur. C’est la stabilité politique du Cameroun qui se joue, dans un contexte où la défiance vis-à-vis du processus électoral reste forte.

‎Les observateurs appellent à la transparence et au dialogue pour éviter que les tensions ne dégénèrent dans cette région historiquement sensible et stratégique du pays.

Dari infos avec RFI

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