Donald Trump menace d’acquérir le Groenland militairement ou par achat
Le président américain Donald Trump a récemment ravivé les tensions diplomatiques en exprimant son intention de placer le Groenland, territoire autonome sous souveraineté danoise, sous contrôle des États-Unis.
Depuis son retour à la Maison Blanche, le dirigeant américain a qualifié cette acquisition de « priorité de sécurité nationale », affirmant que Washington devait sécuriser sa position stratégique dans l’Arctique.
Début janvier, l’administration américaine a déclaré que « toutes les options sont sur la table », sans exclure explicitement le recours à la force militaire, une prise de position qui a suscité de vives inquiétudes au sein de la communauté internationale. Donald Trump a laissé entendre vouloir régler la question du Groenland dans un délai très court, évoquant une échéance de quelques semaines, ce qui a renforcé le sentiment d’urgence et d’incertitude autour du dossier.
Selon la Maison Blanche, l’intérêt américain pour le Groenland s’explique par des considérations géostratégiques majeures. L’île arctique occupe une position clé face à la Russie et à la Chine, deux puissances de plus en plus actives dans la région. Elle abrite également d’importantes ressources naturelles, notamment des terres rares, des minerais stratégiques et des hydrocarbures, en plus d’accueillir la base militaire américaine de Thulé, élément central du système de défense antimissile des États-Unis.
Face à ces déclarations, les réactions internationales ont été rapides et fermes. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a dénoncé toute velléité d’annexion, estimant qu’un tel acte porterait un coup grave à l’OTAN et à l’ordre sécuritaire mondial. Le Danemark a par ailleurs annoncé un renforcement significatif de sa présence et de ses investissements dans la sécurité arctique, à hauteur d’environ 1,2 milliard d’euros.
Plusieurs dirigeants européens, dont ceux de la France, de l’Allemagne et de l’Italie, ont publié une déclaration commune réaffirmant que « le Groenland appartient à son peuple » et avertissant qu’ils ne toléreraient aucune intimidation. De son côté, le gouvernement groenlandais a rappelé que le territoire n’était pas à vendre.
En parallèle des déclarations musclées, l’administration Trump étudierait également des options diplomatiques et économiques, notamment une éventuelle offre d’achat estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Des discussions avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, sont annoncées afin de tenter d’apaiser les tensions.
Pour de nombreux observateurs, cette offensive diplomatique américaine pourrait, à terme, encourager le Groenland à redéfinir ses relations avec le Danemark et à envisager un statut de libre association avec les États-Unis, une hypothèse qui reste toutefois hautement sensible sur les plans politique et juridique.
Pansi Crépin Karbo / Dari Infos