L’Ordre des Avocats du Tchad, tire la sonnette d’alarme sur la « dégradation alarmante » de la situation sociale sur l’ensemble du territoire national
Lors d’un point de presse tenu ce 20 février 2026 à don siège sis à N’djari dans le 8e arrondissement de N’Djamena, par son Président le Bâtonnier Dr ALLAH-RAMADJI NABAYE, l’Ordre des Avocats du Tchad a exprimé sa « vive inquiétude » face à ce qu’il qualifie de « dégradation alarmante de la situation sociale » sur l’ensemble du territoire national.
Dans sa déclaration, le Barreau évoque notamment une « insécurité grandissante quasi généralisée et préoccupante », marquée par des assassinats, des attaques armées et des conflits intercommunautaires. Plusieurs régions sont citées, notamment le Borkou à l’Est, le Guéra au Centre ainsi que la localité de Korbol, dans la province du Moyen-Chari, au Sud.
L’institution a fait également état « d’informations concordantes » faisant référence à des « violences sexuelles odieuses » visant des femmes et des enfants.
Au-delà de la situation sécuritaire, l’Ordre dénonce des « abus et dérives des forces de défense et de sécurité » lors d’opérations de contrôle. Sont aussi évoquées des fouilles répétées de véhicules aux carrefours, des perquisitions domiciliaires menées « de manière violente » ainsi que des arrestations suivies de « détentions secrètes dans des lieux inappropriés », que le Barreau estime contraires aux règles de procédure en vigueur.
L’institution alerte également sur des « entraves répétées à l’exercice de la profession d’avocat ». Elle affirme que certains de ses membres auraient été « physiquement violentés » ou empêchés d’exercer librement leur mission dans des brigades de gendarmerie et commissariats.
Rappelant que « le droit pour tout citoyen d’être assisté d’un avocat […] est un droit à valeur constitutionnelle », le Barreau estime que ces pratiques portent atteinte aux droits de la défense et, plus largement, aux principes de l’État de droit.
Enfin, l’Ordre des Avocats appelle les autorités à « prendre, sans délai, toutes les mesures nécessaires » pour protéger les populations civiles, à ouvrir des enquêtes indépendantes et à lutter contre l’impunité.
Il affirme qu’il « ne saurait rester silencieux face à ces atteintes graves et répétées aux droits et libertés fondamentaux ».
Roland Tansouba/Dari Infos