À N’Djamena, après un constat observé des quelques cas d’accident de la circulation, la scène se répète souvent : discussions tendues, attroupements, et refus catégorique d’établir un constat officiel. Une situation qui interpelle et qui révèle une perte de confiance profonde envers une procédure pourtant essentielle.

Sur l’avenue Bokassa, Zakaria, conducteur de taxi-moto, raconte son expérience :

« Après l’accident, j’ai accepté le constat. Mais l’agent m’a demandé de l’argent pour “arranger” le rapport. Quand j’ai refusé, il a écrit que j’étais entièrement fautif, alors que des témoins avaient tout vu. »

Un autre témoin, Amina, commerçante installée au bord de la chaussée, confirme :

« J’ai assisté à l’accident. La voiture roulait trop vite et a percuté la moto. Pourtant, c’est le motocycliste qui a été accusé. On a compris plus tard que le chauffeur connaissait quelqu’un. »

Ces témoignages illustrent une réalité dénoncée par de nombreux usagers : le constat d’accident est parfois perçu comme un outil biaisé, profitant à la partie la plus influente ou la plus solvable. Certains agents en charge du constat sont accusés de réclamer des paiements informels pour orienter le rapport, une pratique qui alimente colère et frustration.

Face à cette situation, beaucoup de citoyens préfèrent éviter les forces de l’ordre et régler les accidents à l’amiable. « Même si ce n’est pas légal, on préfère s’entendre entre nous plutôt que de sortir perdants », explique Valéry, chauffeur de minibus.

Cependant, cette pratique comporte des risques majeurs. En l’absence de constat officiel, les victimes ont peu de recours en cas de blessures tardives ou de désaccord ultérieur. Les spécialistes de la sécurité routière estiment que cette méfiance affaiblit l’État de droit et encourage l’impunité.

Des voix s’élèvent pour demander des réformes urgentes : transparence dans la rédaction des constats, sanctions contre les agents corrompus et sensibilisation des citoyens sur leurs droits. En attendant, à N’Djamena, le constat d’accident reste pour beaucoup synonyme de peur plutôt que de justice.

 

Hi-yahbo simplice / Dari Infos

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