Le Ministre de l’Eau et de l’Énergie échange avec les sénateurs sur la situation d’accès à l’énergie à N’Djamena
Dans le souci de transparence et de recevabilité souhaitée par le Président de la République, Chef de l’Etat, le Maréchal MAHAMAT IDRISS DEBY ITNO, le Ministre de l’Eau et de l’Énergie s’est exprimé ce 2 janvier 2026 devant la chambre haute du Parlement sur la situation liée à l’accès à l’électricité dans la ville de N’Djamena. La séance était présidée par le Très Honorable Président du Sénat, Dr Haroun Kabadi.
Face aux élus, le ministre a livré un diagnostic qu’il qualifie de clair et sans ambiguïté. Selon les analyses de ses services techniques, les coupures répétées d’électricité sont principalement dues à un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande, aggravé par des contraintes techniques sur le réseau national.
Un réseau sous-dimensionné face à une demande en forte croissance.
La consommation électrique de la capitale connaît une hausse soutenue, dépassant largement les capacités actuelles de production, de transport et de distribution. Même en cas d’augmentation immédiate de la production, les infrastructures existantes ne permettraient pas d’acheminer l’énergie supplémentaire, en raison de la saturation des postes sources et des lignes de départ.
Plusieurs équipements fonctionnent déjà au-delà de leurs capacités nominales, contraignant l’opérateur à procéder à des coupures préventives afin d’éviter des pannes généralisées. N’Djaména dispose d’une puissance installée d’environ 240 MW, insuffisante au regard des besoins actuels et futurs, ce qui rend le réseau structurellement déficitaire, notamment en période de pointe.
À ces difficultés s’ajoutent les endommagements de câbles souterrains, fréquemment causés par les travaux de voirie et de bitumage dans plusieurs quartiers de la ville.
Pour résorber le déficit énergétique, le gouvernement a engagé plusieurs actions majeures au niveau de la production. La centrale solaire NOOR TCHAD, inaugurée en septembre dernier, injecte actuellement 24 MW sur une capacité totale de 50 MW. Cette limitation est liée à la ligne d’évacuation, en cours de renforcement. L’installation prochaine d’un transformateur de 20 MVA permettra de porter la production à 40 MW dans un premier temps.
La centrale thermique DENALI (32 MW), achevée à plus de 98 %, devrait entrer en service dans les prochaines semaines. Par ailleurs, le projet RESPITE, financé par la Banque Mondiale, prévoit la mise en service en 2026 d’une centrale solaire de 30 MW avec un système de stockage de 60 MWh.
D’autres chantiers structurants sont également annoncés, notamment la réhabilitation des centrales thermiques de Farcha et MBH, la construction prochaine d’une centrale thermique de 180 MW fonctionnant au HFO, ainsi que des discussions avancées avec des partenaires dans le cadre du Plan national de développement (PND).
D’importants investissements ont été engagés pour renforcer le transport de l’énergie. Ils comprennent l’installation de transformateurs de 25 MVA et 50 MVA à Lamadji, la mise en place d’équipements pour l’évacuation de l’énergie produite par NOOR TCHAD, ainsi que la construction de nouveaux postes haute tension à Djermaya, Gaoui et Abourdja. Un poste stratégique de 15/90 kV, situé derrière le Palais du 15 Janvier, vise à améliorer la stabilité de la tension dans le centre-ville.
Au niveau de la distribution, un vaste programme de réhabilitation, de densification et d’extension des réseaux moyenne et basse tension est en cours, avec un taux d’exécution estimé à 65 %. De nouveaux départs HT sont également créés afin de réduire les surcharges et améliorer la répartition de la charge.
Selon le ministre, ces efforts commencent à produire des effets concrets, notamment une stabilisation progressive de la tension dans certains quartiers périphériques, une réduction des pannes liées aux surcharges, ainsi qu’une amélioration du temps de rétablissement du courant après incident.
Reconnaissant les retards perçus par la population, Passale Kanabé Marcelin les attribue à la complexité technique et financière des projets, aux procédures de passation des marchés et aux délais liés à la fabrication et à l’importation des équipements. Il a toutefois salué l’engagement des équipes techniques, qui ont, selon lui, travaillé sans relâche, y compris durant les fêtes de fin d’année, afin de rendre opérationnelles plusieurs infrastructures avant la prochaine période de canicule.
À terme, l’ensemble de ces projets devrait permettre de réduire durablement les délestages à N’Djaména et dans les régions connectées au réseau interconnecté national.
Dari infos avec MEE