Un accord de paix a été signé le 20 octobre 2025 à Bardai, dans la Province du Tibesti entre le gouvernement et le Comité d’autodéfense de Miski. Une semaine après sa publication, le parti aux couleurs rouge et jaune a félicité l’initiative en plaidant pour l’implémentation du fédéralisme.
Alors que l’opinion publique reste sous le choc par rapport à la signature de cet accord qui défie le bon sens juridique, le CDF trouve bon de l’apprécier positivement. Plusieurs acteurs politiques et de la Société Civile ont exprimé leur colère. C’est par un communiqué publié le 23 avril 2025. Dans cette communication, le CDF espère que le nouvel accord va permettre de mettre fin au conflit entre l’Etat et la population locale. Toutefois, il fait porter la responsabilité du conflit au gouvernement qu’il accuse d’exploiter unilatéralement les ressources du Tibesti sur fond de spoliation des populations. Le parti de Ali Golor affirme que le conflit entre l’Administration et la population du Tibesti est un arbre qui cache la forêt, car plusieurs cas similaires existent, sans gestion efficace. Comme solution, le CDF demande au gouvernement de tirer les leçons de l’échec de l’Etat unitaire et privilégier la construction d’un Etat fédéré favorable à la sociologie politique du Tchad. Selon le Secrétaire National à la Communication, Robert Ndiguiambaye « Pour un pays aussi vaste et diversifié que le nôtre, seule la fédération permettra à chaque Etat fédéré de gérer ses ressources de manière optimale, assurant un développement harmonieux tant au niveau national que local ».
Le CDF a toujours fait du fédéralisme une idéologie fondamentale. Il a activement défendu cette forme de l’Etat pendant la transition mais n’a pas réussi à la faire adopter au referendum constitutionnel du 2023. Le cycle électoral, arrivé à terme, a mis la question de la forme de l’Etat en veilleuse.
Le CDF a trouvé en cet accord de Miski une occasion pour ramener l’enjeu sur la table. Mal lui en a pris. C’est un plaidoyer circonstanciel qui ne semble pas impressionner le gouvernement de Allamaye Halina. Aussi, le fait de soutenir l’Accord heurte la sensibilité des partisans du Droit qui dénoncent l’immixtion du Médiateur de la République comme partie prenante. Le CDF semble avoir beaucoup perdu à travers cette sortie. D’un côté, il soutient un accord qui est juridiquement irrégulier et le fédéralisme pour lequel les autorités font sourde oreille pour le moment.
Succès Ngarpolo