N’Djaména, la capitale tchadienne, dispose peu d’infrastructures routières digne d’une grande agglomération en perpétuelle croissance démographique.

Conséquences : des gigantesques embouteillages entravent la circulation aux heures de pointe ( impossibilité d’évacuation sanitaire causant la perte de vies, difficulté pour les élèves et étudiants de se rendre à temps à l’école etc.).

Cependant, le fait écoeurant est celui de la circulation des bennes en pleine journées avec des systèmes de freinage vétustes. Plus souvent, les accidents de circulation impliquant les bennes sont les plus horribles et les plus mortels. Les propriétaires de ces bennes, leurs chauffeurs et apprentis, principalement orientés vers leurs recettes ne prennent pas le temps d’apporter des soins nécessaires pour garder leurs engins en état en vue de prévenir les risques d’accidents.

Pourtant, ces véhicules ont un système de freinage à air comprimé qui fait échapper l’air du circuit et atténue fortement l’efficacité du freinage. La circulation des gros porteurs pendant la journée est interdite par les autorités municipales pour des raisons de sécurité routière.

Mais il est d’un constat amère que ces gros porteurs continuent de circuler en pleine journée en violation des dispositions de l’arrêté N° 098/CVN’DJ/SG/DUATU/2021 du 21 mars 2021 portant règlementation de la circulation des véhicules gros porteurs, citernes et bennes dans le périmètre urbain de 22 h à 6 h du matin.

Des citoyens meurent et d’autres terrifiés par la scène cauchemardesque des accidents

Faute d’une régularisation, l’on enregistre chaque jour des cas d’accidents impliquant des gros porteurs.

En 2020, au micro de nos confrères de Tchadinfos, des citoyens ont exprimé la gravité de cette situation dont la résolution résulte de l’application effective de l’arrêté municipal N° 098 du 21 mars 2021.

Remadji Merci, raconte d’un air terrifié : « Je rentrais du marché. Une dame et un clandoman s’étaient arrêtés vers le rond-point travaux en allant vers Farcha. Un gros porteur les a ramassés. Tous deux ont perdu la vie. Je revois toujours la scène quand je me retrouve seule ».

Un autre usager s’interroge : « Certes, la mairie a interdit la circulation de ces gros porteurs dans la journée. Mais est-ce qu’elle fait le suivi et évaluation de la situation ? Si seulement elle se souciait de la vie de sa population, il faut que des mesures sévères soient appliquées le plus tôt que possible, il y a eu des cas où j’ai été témoin oculaire ».

Un système de réglementation routière inactif

Au termes de l’arrêté municipal N° 098 du 21 mars 2021, seuls les véhicules gros porteurs transportant des produits alimentaires et pharmaceutiques ou autres marchandises périssables, obligés de circuler en journée doivent avoir au préalable une autorisation délivrée par le maire de la Commune de la Ville après une demande introduite indiquant l’itinéraire et le point final. Ces véhicules autorisés exceptionnellement seront placés sous escort d’une unité de la police municipale. Cette disposition a été renforcée par le nouveau Maire de la ville de N’Djaména.

Cependant, les conducteurs de bennes foulent au pied la réglementation en vigueur au détriment des vies humaines.

Fonçant dans leurs activités commerciales dangereuses en pleine journée, malgré plusieurs rappels à l’ordre à travers des communiqués tant de la mairie de la ville que par la direction de la police.

Certains éléments des forces de l’ordre chargées d’application de ces mesures sont-elles complices de cette situation ? Au lieu de veiller à l’application de la réglementation, celles-ci se contentent de veiller à remplir leurs poches en exigeant le paiement d’une somme et laissent les gros porteurs circuler sous le regard impuissant des autorités.

Difficulté d’évacuer les blessés d’accidents, une nécessité d’instaurer une police sanitaire

Les Ministères de transport, de la sécurité publique et de la Santé publique ainsi que les autorités municipales sont interpellés sur cette situation qui fait des victimes et endeuillent les familles chaque jour.

Les ministères de transport, de la sécurité et celui de la Santé publique ont une possibilité de disposer en consortium une police sanitaire, apte avec une mobilité rapide, capable d’intervenir à travers la voie aérienne pour évacuer les victimes d’accident et d’autres situations le plus rapidement possible dans les centres hospitaliers adéquats pour recevoir les soins appropriés.

Malheureusement, les victimes d’accident graves sont évacués à bord des ambulances ne disposant pas d’un système adapté et qui elles aussi tombent dans les embouteillages.

La vie des citoyens est une préoccupation majeure et la bonne de la circulation concourt à préserver des vies.

MIVOURBE OLIVIER/ Dari infos

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