Les attaques d’éléphants contre les humains et leurs biens se multiplient, instaurant un climat de peur et d’insécurité.
La protection de la faune et de l’environnement doit aller de pair avec la sécurité et le bien-être des populations locales. Mais cette protection se fait parfois au détriment de la sécurité des hommes. Les menaces posées par les éléphants en sont une parfaite illustration. Poussés par la destruction de leur habitat naturel, l’expansion des terres agricoles et la croissance démographique, ces animaux s’aventurent de plus en plus fréquemment dans les zones habitées, mettant en danger des vies humaines et des moyens de subsistance.
En quelques semaines seulement, plusieurs personnes ont perdu la vie dans la Tandjilé à la suite de ces incursions. Symboles de majesté et de puissance, les éléphants peuvent toutefois devenir une menace lorsqu’ils se sentent acculés ou privés de leur territoire naturel.
Ce phénomène touche également le Parc Zah-Soo à Léré, où les dégâts sur les cultures sont croissants d’année en année. Par ailleurs, la Tandjilé Ouest est devenue un véritable refuge pour ces pachydermes, au grand désarroi des populations locales qui voient leurs récoltes détruites et leurs familles endeuillées.
Face à cette situation préoccupante, il est urgent que le ministère de l’Environnement prenne des mesures adaptées notamment la création de corridors écologiques protégés pour canaliser les déplacements des éléphants et limiter les conflits avec les populations ; la ensibilisation et formation des communautés locales sur les comportements à adopter face aux éléphants et les moyens de prévention ; l’intervention d’équipes spécialisées pour surveiller et gérer les interactions entre les éléphants et les populations et la mise en place d’un mécanisme de compensation pour les victimes et leurs familles, afin d’atténuer les conséquences économiques et sociales de ces attaques.
Tchindebe Donald Tao/ Enseignant / Militant des Droits de l’Homme Sans Frontières