Forum sur le Développement des Infrastructures au Tchad : les grandes entreprises et les investisseurs aux abonnés absents
Le Tchad a décidé de financer en grande partie ses infrastructures sur le guichet du secteur privé.
C’est la raison de la première édition du Forum sur le Développement des Infrastructures au Tchad (FIDIT 2025), organisé par le Fonds Spécial pour la Préparation des Projets d’Infrastructures (FSPPI). Les deux acteurs majeurs qui devraient donner la couleur voulue par les organisateurs se sont montés absents.
L’aide public au développement bilatéral et multilatéral n’est plus suffisant au Tchad pour faire face à ses besoins en infrastructures, créés par la pression de la croissance économique et des services publics sociaux. Cette méthode de financement bien que concessionnel demande souvent une longue procédure entre la conception et l’exécution des projets.
L’organisation du FIDIT 2025 est un appel adressé aux entreprises cotées en bourse ou aux startups dont l’ouverture du capital est naturellement une possibilité d’attraction des investisseurs, pourvu qu’elles aient une potentielle de croissance qui séduit.
Aucune entreprise de cette envergure n’a ravi la vedette lors de ce forum. La plupart des entreprises présentes étaient de taille modeste et à la recherche des marchés, et non de la mobilisation additionnelle des fonds pour l’extension de leur investissement.
SOGEA SATOM, une multinationale présente au Tchad depuis plusieurs années n’a pas fait mieux que les autres. Dans cette condition, il ne fait aucun doute que le FIDIT 2025, en dépit de son caractère international n’était pas propice pour les acteurs privés qui scrutent de près les risques de manière systématique et dans le cadre global macro-économique.
Les informations réelles sur les investissements étrangers ne jouent pas en faveur du Tchad, considéré comme non attractif, comparé aux autres pays comme le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Sénégal dont le progrès dans le même domaine est tangible.
Le gouvernement tchadien n’a pas aussi fait un appel public à l’épargne avant la tenue du forum. C’est une alternative aux défaillances des entreprises participantes. Une telle opération, liée à un projet d’infrastructure détaillé, rentable et viable, lancée plus tôt avant le forum et à coup de communication suffisante, permet d’inciter les investisseurs de toutes catégories à faire le déplacement de N’Djamena.
Il consiste à vendre aux investisseurs des titres d’obligation qui leur offrent des possibilités de placement et de diversification de leurs actifs. De nombreux pays, qui n’ont pas passés nécessairement par l’organisation des foras sur les infrastructures ont réussi leurs projets d’infrastructures par le seul appel à l’épargne public.
La dominance des activités d’exposé de panelistes a donné les allures d’une rencontre d’information et de sensibilisation entre les acteurs du secteur des infrastructures. Les dispositions du forum, bien loin de l’intention de mobilisation de recettes, a attiré beaucoup plus les partenaires bilatéraux et multilatéraux habituels du Tchad parmi lesquels les gouvernements marocain et égyptien, la Banque Africaine de Développement (BAD) et le Nouveau Partenariat pour l’Afrique (NEPAD). Ils n’ont rien de nouveau à apprendre sur l’état des infrastructures au pays de Toumai.
A défaut des fruits qui ne tiennent pas la promesse des fleurs, le Tchad doit continuer ses campagnes de séduction pour espérer convaincre et capter directement l’investissement privé.
La rédaction