Midterms américaines : les démocrates prennent le Congrès, Trump essuie un revers majeur
Les élections de mi-mandat du 3 novembre consacrent une percée démocrate et infligent une défaite politique au camp de Donald Trump. En reprenant les deux chambres du Congrès, l’opposition sanctionne la politique économique de la Maison-Blanche et place le président américain face à un nouvel équilibre des pouvoirs.
La défaite est sans appel. Les démocrates ont reconquis la Chambre des représentants et le Sénat, selon les projections d’ABC, NBC et Associated Press. Une victoire qui traduit le mécontentement d’une partie de l’électorat américain, confronté à la hausse du coût de la vie et préoccupé par les dépenses liées à la guerre contre l’Iran.
À la Chambre des représentants, les démocrates devraient décrocher environ 252 sièges sur les 435, bien au-delà des 218 nécessaires pour obtenir la majorité. Les républicains, qui contrôlaient jusqu’ici l’institution avec 219 élus, perdent ainsi leur principal levier législatif. Au Sénat, l’opposition démocrate franchit également le seuil de 51 sièges sur 100, reprenant le contrôle d’une institution jusque-là dominée par les républicains.
Plusieurs victoires emblématiques confirment l’ampleur du basculement. Au Texas, James Talarico s’impose face au républicain Ken Paxton dans la course au Sénat. Dans le Maine, Susan Collins, figure républicaine en poste depuis trois décennies, est battue par Troy Jackson. Les démocrates enregistrent également le retour de Sherrod Brown dans l’Ohio et l’élection de Peggy Flanagan au Minnesota.
La vague démocrate s’étend aussi aux élections des gouverneurs. Le Texas, l’Iowa, l’Ohio et la Géorgie basculent dans leur camp, renforçant leur implantation dans les exécutifs locaux et consacrant une progression politique d’ampleur.
Donald Trump, lui, tente de relativiser la portée de cette défaite. Dans un message publié sur son réseau social, le président américain a félicité les démocrates, tout en affirmant que leur victoire ne constituait pas un revers personnel.
« Félicitations aux Démocrates. Ils ont fait du bon travail. Ils cherchaient cette victoire depuis 11 ans et ils l’ont enfin obtenue. Mais je ne le prends pas comme un coup dur pour moi. Je pense que nous avons connu les deux meilleures années de l’histoire de la présidence », a-t-il déclaré.
La nouvelle majorité démocrate prendra ses fonctions en janvier. D’ici la fin de son second mandat, Donald Trump devra gouverner avec un Congrès entièrement contrôlé par ses adversaires. Budget, nominations, réformes et initiatives législatives pourraient désormais se heurter à une opposition parlementaire renforcée, tandis que les élus démocrates disposeront de moyens accrus pour enquêter sur l’administration présidentielle.
Cette victoire dépasse ainsi le simple cadre d’un scrutin intermédiaire. Elle constitue un désaveu politique de la stratégie républicaine et un avertissement adressé à la Maison-Blanche. Pour Donald Trump, les deux dernières années de son mandat s’annoncent sous le signe de la confrontation parlementaire, avec une marge de manœuvre considérablement réduite.
Pansi Crépin Karbo/ Dari infos