Orientation universitaire au Tchad : Dr Allah Ridy Koné invite les bacheliers à repenser leur avenir professionnel
Le président du conseil d’administration de l’Université Emi Koussi, Dr Allah Ridy Koné, appelle les nouveaux bacheliers et les futurs candidats au baccalauréat à mieux préparer leur orientation universitaire. Dans une réflexion consacrée à l’insertion professionnelle, il met en avant trois trajectoires : la fonction publique, le secteur privé et l’entrepreneuriat. Son analyse insiste sur la nécessité de choisir une formation en fonction des débouchés et de ne pas faire du recrutement par l’État l’unique perspective professionnelle.
Au Tchad, le choix d’une formation universitaire constitue une étape déterminante dans le parcours des jeunes diplômés. Pourtant, l’obtention du baccalauréat ne s’accompagne pas toujours d’une réflexion approfondie sur les débouchés professionnels des filières envisagées. Pour Dr Allah Ridy Koné, président du conseil d’administration de l’Université Emi Koussi, l’orientation doit reposer sur les aptitudes personnelles, les perspectives d’emploi et les possibilités de valoriser les compétences acquises.
Dans son analyse, il met en garde contre les choix effectués par imitation, sous la pression familiale ou par contrainte sociale. Il estime qu’une formation doit répondre à un objectif professionnel clairement identifié. La question centrale, selon cette approche, est de savoir à quels métiers le diplôme peut conduire et dans quelles conditions il pourra être valorisé sur le marché du travail.
Cette réflexion intervient dans un contexte où de nombreux jeunes diplômés aspirent à intégrer la fonction publique, alors que les possibilités de recrutement restent tributaires des postes disponibles et des besoins de l’administration.
La fonction publique, une perspective qui exige de la préparation
La première voie identifiée par Dr Allah Ridy Koné est celle de la fonction publique. Elle concerne notamment les diplômés qui se destinent aux métiers de l’enseignement, de la santé, de l’administration et d’autres professions relevant des services publics.
Cette trajectoire présente plusieurs avantages, dont la régularité de la rémunération, la stabilité relative de l’emploi et l’accès aux droits prévus par les statuts applicables, notamment en matière de retraite.
Toutefois, l’accès à un emploi public n’est pas automatique après l’obtention d’un diplôme. Il dépend des besoins de l’administration, des procédures de recrutement et du nombre de postes ouverts.
Le responsable universitaire souligne également les contraintes auxquelles peuvent être confrontés les agents publics, notamment les niveaux de rémunération, les affectations géographiques et les délais d’intégration.
Face à ces réalités, il recommande aux étudiants qui privilégient cette voie de viser l’excellence académique, de préparer sérieusement les concours et de développer des compétences complémentaires.
Il les encourage surtout à ne pas interrompre toute activité professionnelle dans l’attente d’un recrutement. Les stages, les expériences dans le secteur privé et les formations complémentaires peuvent, selon lui, constituer des solutions pour maintenir leur employabilité.
Le secteur privé, un marché exigeant en compétences
La deuxième trajectoire proposée est celle du secteur privé. Elle concerne les entreprises, les organisations non gouvernementales, les institutions internationales, les établissements d’enseignement privés, les structures sanitaires et les cabinets spécialisés.
Dans ces environnements, l’obtention d’un diplôme constitue un atout, mais ne garantit pas à elle seule l’accès à un emploi. Les recruteurs recherchent également des compétences pratiques, une capacité d’adaptation et une aptitude à répondre aux besoins de leurs organisations.
Dr Allah Ridy Koné insiste ainsi sur l’importance de l’expérience professionnelle, des stages et de la formation continue. La maîtrise des outils numériques, des logiciels spécialisés et des langues étrangères peut notamment renforcer les chances d’insertion dans certains secteurs.
Le secteur privé offre des possibilités d’évolution professionnelle et, dans certaines fonctions, des rémunérations supérieures à celles de postes comparables dans l’administration. Ces perspectives varient toutefois selon l’employeur, le niveau de responsabilité, l’expérience et les conditions contractuelles.
Cette trajectoire comporte également des risques, notamment la précarité de certains contrats, la pression liée aux résultats et la nécessité d’actualiser régulièrement ses compétences.
Pour le président du conseil d’administration de l’Université Emi Koussi, l’enjeu est donc de former des diplômés capables de mobiliser leurs connaissances dans des situations professionnelles concrètes.
L’expérience acquise pendant les études, les stages et la maîtrise des outils de travail doivent permettre aux jeunes de mieux répondre aux attentes des employeurs.
L’entrepreneuriat, une possibilité de valoriser les compétences
La troisième voie concerne l’entrepreneuriat et l’autonomisation économique.
Dr Allah Ridy Koné invite les jeunes à envisager la création d’activités comme une possibilité d’insertion professionnelle, plutôt que de limiter leurs ambitions à la recherche d’un emploi salarié.
Cette orientation peut concerner plusieurs domaines, notamment l’agriculture, l’élevage, l’informatique, l’électricité, la couture, la traduction et l’enseignement des langues.
À titre d’illustration, un diplômé en anglais peut envisager la création d’un centre de formation. Un titulaire d’un diplôme en agronomie peut étudier la faisabilité d’un projet agricole adapté aux conditions locales. Un technicien en informatique peut, quant à lui, proposer des services de maintenance, d’installation de matériel ou d’assistance technique aux entreprises.
Ces exemples montrent comment des connaissances acquises au cours d’une formation peuvent être transformées en prestations ou en activités économiques.
L’entrepreneuriat peut offrir une plus grande autonomie dans la gestion de son activité et permettre, lorsque le projet se développe, de créer des emplois. Il implique néanmoins des contraintes importantes : recherche de financement, identification des clients, gestion des dépenses et incertitude des revenus.
La réussite dépend notamment de la viabilité du projet, de la connaissance du marché, de la qualité des services proposés et de la capacité du promoteur à gérer son activité.
Dans cette perspective, Allah Ridy Koné préconise une démarche progressive. Les jeunes peuvent commencer par tester une idée à petite échelle, tout en poursuivant leurs études, afin d’évaluer la demande et de limiter les risques financiers.
Combiner expérience professionnelle et initiative personnelle
Au-delà de ces trois trajectoires, la réflexion du responsable universitaire met en évidence l’intérêt d’une stratégie fondée sur la complémentarité des expériences.
Un jeune diplômé peut, par exemple, commencer sa carrière dans une entreprise pour acquérir des compétences, comprendre le fonctionnement d’un secteur et constituer progressivement une épargne avant d’envisager la création de sa propre activité.
D’autres peuvent privilégier la fonction publique ou entreprendre directement, selon leur formation, leurs moyens et leurs objectifs.
L’essentiel est de ne pas considérer ces parcours comme des choix nécessairement exclusifs. Une expérience salariée peut préparer à l’entrepreneuriat, tandis qu’une activité indépendante peut permettre de valoriser des compétences acquises à l’université.
Cette approche suppose également une meilleure connaissance du marché du travail dès le début des études. Les étudiants sont ainsi invités à se renseigner sur les métiers accessibles, les compétences recherchées et les conditions réelles d’exercice des professions auxquelles ils se destinent.
Anticiper les débouchés dès le choix de la formation
À travers cette analyse, Allah Ridy Koné place la réflexion sur l’orientation universitaire au cœur de la préparation de l’avenir professionnel des jeunes Tchadiens.
Son approche repose sur une idée centrale : le diplôme doit s’inscrire dans un projet professionnel cohérent. Le choix d’une filière gagne ainsi à prendre en compte les aptitudes de l’étudiant, les débouchés existants, les compétences exigées par les employeurs et les possibilités de création d’activités.
Cette démarche ne signifie pas que la responsabilité de l’insertion professionnelle incombe exclusivement aux diplômés. Elle dépend également de la situation économique, de la création d’emplois, de l’accès au financement et des politiques publiques en faveur de la jeunesse.
Elle souligne néanmoins l’importance de préparer les étudiants aux réalités du monde professionnel, en accordant une place plus importante à la pratique, à l’expérience et à l’acquisition de compétences directement mobilisables.
Pour les nouveaux bacheliers et les futurs candidats au baccalauréat, le choix de la formation constitue donc le point de départ d’une réflexion qui doit se poursuivre tout au long du parcours universitaire.
L’enjeu n’est pas seulement d’obtenir un diplôme, mais de savoir comment le valoriser dans un environnement professionnel où l’accès à l’emploi dépend de plusieurs facteurs.