Le Burkina Faso et l’Afrique commémorent ce 15 octobre 2026, le 39e anniversaire de l’assassinat du capitaine Thomas Sankara, figure emblématique de la révolution burkinabè.
Il y a 39 ans, jour pour jour, le 15 octobre 1987, Thomas Sankara tombait sous les balles lors d’un coup d’État à Ouagadougou. Il avait 37 ans. Quatre ans de pouvoir auront suffi pour faire de lui une légende du continent.
Arrivé au pouvoir le 4 août 1983 à la faveur d’une révolution soutenue par la jeunesse, Sankara rebaptise la Haute-Volta en Burkina Faso, « le pays des hommes intègres ». En quatre ans, il lance une politique de rupture, notamment campagne de vaccination massive, lutte contre la corruption, promotion des droits des femmes, reboisement, autosuffisance alimentaire et refus de la dette coloniale.
Son discours le plus célèbre reste celui du 29 juillet 1987 à Addis-Abeba, devant l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), devenue aujourd’hui Union Africaine (UA) où il déclare : « La dette ne peut pas être remboursée parce que si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Par contre, si nous payons, nous, nous allons mourir. »
L’homme qui vivait avec un salaire de capitaine, roulait en Renault 5 et imposait à ses ministres la modestie, dérangeait. Le 15 octobre 1987, il est assassiné avec douze de ses compagnons au Conseil de l’Entente. Blaise Compaoré, son frère d’armes et ami, prenait le pouvoir qu’il conserva pendant 27 ans.
Il faudra attendre 2022 pour que justice soit rendue. Le tribunal militaire de Ouagadougou condamne Blaise Compaoré par contumace à la prison à vie pour complicité d’assassinat.
Trente neuf ans, dans un Sahel en proie à l’insécurité et à la quête de souveraineté, le nom du père de la révolution burkinabè est invoqué par une nouvelle génération de jeunes et de dirigeants panafricanistes. Partout en Afrique, son portrait continue de flotter dans les manifestations.
Thomas Sankara n’a pas eu le temps de vieillir, mais son idée a survécu aux balles ce qui revient à conclure qu' »On peut tuer un homme, mais on ne peut pas tuer ses idées ».
*PANSI Crépin Karbo/Dari Infos