À Moussafoyo, dans le département du Barh-Kôh, le développement rural reste un chantier. Sa Majesté Tiganalbaye Naré Marc, chef de canton, demande plus d’attention pour les populations de la localité.

‎Fondée en 1835, la chefferie a vu passer neuf chefs de canton. Tiganalbaye Naré Marc la dirige aujourd’hui. Nommé le 3 août 2021, confirmé par décret en 2024, il a été installé le 28 février 2025.

‎Le canton compte 99 villages et 26 ferriques. Plusieurs communautés y cohabitent depuis des générations, dans une harmonie relative.

‎L’agriculture reste la principale source de revenus coton, maïs, arachide, sésame, patate. S’y ajoutent l’élevage, la pêche, la chasse et la cueillette.

‎Pour le chef de canton, la terre est une richesse pour les familles rurales. Il encourage les jeunes à s’y investir plutôt qu’à la délaisser. Les récoltes nourrissent les ménages et financent la scolarité des enfants. L’arachide rapporte, le maïs nourrit.

‎La campagne agricole est menacée cette année par le retard des pluies. Attendues dès mars ou avril, les premières précipitations significatives ne sont venues qu’en juin. Si la régularité n’est pas au rendez-vous, les récoltes seront moins abondantes.

‎Le chef de canton regrette aussi que des jeunes se détournent de l’agriculture. La terre et l’élevage peuvent pourtant générer des revenus et une autonomie économique. Autre inquiétude les boissons alcoolisées frelatées, notamment le Nguerek. Il demande aux autorités de s’attaquer aux producteurs et aux réseaux de distribution.

‎Les équipements de base manquent. Huit villages sur 99 ont une école officielle. Aucun centre d’examen n’est implanté à Moussafoyo. En santé, aucun centre public le canton dispose seulement d’un centre communautaire créé en 1986 à l’initiative des populations, via les Associations villageoises.

‎La Compagnie Sucrière du Tchad est aussi attendue. Le chef de canton salue ce qui a été fait, un kilomètre de route environ, l’embauche de travailleurs locaux, dont des coupeurs de canne rémunérés autour de 3 080 francs CFA par jour.

‎Cela reste en deçà des besoins. Il demande à l’État et aux partenaires de s’engager davantage dans l’éducation, la santé, les routes et la production agricole.

‎Sans cela, Moussafoyo ne pourra pas tirer pleinement profit de ses ressources ni contribuer davantage au développement du Moyen-Chari.

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