Mandoul Central : autorités et communautés unies pour prévenir les conflits agropastoraux
À Péni, dans le Mandoul Central, les autorités administratives, les leaders communautaires et les populations renforcent leur engagement en faveur de la prévention des conflits entre agriculteurs et éleveurs, à l’approche de la campagne agricole.
Une Journée d’Information Publique a été organisée le 14 mai par l’Association pour la Réinsertion des Enfants et la Défense des Droits de l’Homme (ARED), dans le cadre du projet LAPIA « Appui à la cohésion sociale et à la cohabitation pacifique au sud du Tchad ».
L’activité a réuni autorités locales, chefs traditionnels et religieux, agriculteurs, éleveurs ainsi que plusieurs habitants.
Le projet, mis en œuvre par le consortium composé de COGINTA, ARED, CRASH, CARITAS GORE et RESAP, bénéficie de l’appui technique et financier de l’Union européenne. Il vise à renforcer les mécanismes locaux de prévention, de gestion et de transformation des conflits communautaires.
Dans son intervention, le coordonnateur de l’ARED, Madjiyera Ngar Alkoa, a insisté sur la nécessité de préserver la paix sociale durant la période des travaux champêtres.
Il a appelé les communautés au respect des couloirs de transhumance, des champs, ainsi que des sites et forêts sacrés afin de réduire les tensions récurrentes.
« Il ne peut pas y avoir de paix sans vérité, pardon et tolérance », a-t-il rappelé, invitant les populations à adopter des comportements favorables à une coexistence harmonieuse.
Les discussions ont également abordé plusieurs problématiques sociales, notamment les conflits intercommunautaires, la déscolarisation des enfants, la traite des mineurs et la prolifération des cabarets dans les marchés, considérés comme des freins au développement local.
Le préfet du Mandoul Central, Oumar Issakha Fouzari, a pour sa part souligné que les mois d’avril et mai constituent chaque année une période sensible, marquée par le démarrage des activités agricoles et pastorales, souvent source de tensions.
Il a appelé à la responsabilité collective, privilégiant le dialogue et la prévention pour éviter toute escalade.
Les participants ont salué cette initiative, estimant qu’elle contribue au renforcement de la cohésion sociale dans la localité, dans un contexte marqué par le lancement de la saison des activités champêtres et pastorales.