Le comité d’organisation du Forum « Grand Tam Tam » échange avec la presse
En prélude du Forum « Grand Tam Tam », prévu du 24 au 29 novembre à Sarh, les organisateurs ont rencontré la presse au quartier Kasaï pour alerter sur la fragilisation croissante des communautés Tounia et Hormane, aujourd’hui en déclin démographique.
Portée par Ousmane Kabo et Souleymane Nahor Ngawang, cette rencontre a posé d’emblée le ton d’une mobilisation d’urgence. Les initiateurs rappellent que ce forum ne se veut pas une simple vitrine culturelle, mais un espace de sursaut collectif destiné à redonner souffle à une identité qui s’effrite et à un héritage menacé de disparition.
Au cœur des préoccupations figure la disparition progressive de la langue Tounia, particulièrement dans le canton de Kokaga.
Un effacement qui, selon les organisateurs, annonce l’effondrement de tout un univers de récits, de valeurs et de mémoire. C’est pourquoi le comité insiste sur la nécessité de rebâtir d’abord l’unité interne, avant de solliciter un quelconque appui extérieur. « Aide-toi toi-même avant de demander de l’aide », a rappelé Ousmane Kabo, soulignant la priorité de consolider le socle social, raviver l’identité Tounia et rétablir les fondements culturels d’une communauté fragilisée par les mutations actuelles.
Loin d’un événement folklorique, le Grand Tam Tam se présente comme un espace d’analyse et de réflexion profonde pour diagnostiquer les difficultés et proposer des solutions durables. Les organisateurs mettent en garde contre les modèles imposés de l’extérieur, souvent inadaptés, et plaident pour un développement qui puise dans l’histoire, l’expérience et les aspirations locales.
En s’adressant aux médias, le comité veut mobiliser autorités, partenaires et citoyens autour d’une même cause : empêcher l’effacement d’un peuple qui réclame reconnaissance, protection et voix au chapitre, afin de préserver sa langue, son identité et son avenir collectif.
Deoudé Ndilbe Appolinaire/Correspondant à Sarh