Célébrée le 10 août de chaque année, cette journée est passée inaperçue dans le pays de Toumaï.
Chaque 10 août, est célébrée la journée africaine de l’enregistrement des faits d’état civil et des statistiques de l’état civil dans le but de sensibiliser le public, les Gouvernements et les partenaires au développement à l’importance cruciale de l’enregistrement des évènements de la vie, notamment les naissances, les décès, les mariages et les divorces.
Le thème de l’édition 2025 de cette journée était : « L’enregistrement des faits d’état civil comme fondement de l’infrastructure publique numérique et des systèmes d’identité juridique numérique en Afrique ». Ce thème met en évidence le rôle crucial des systèmes d’état civil dans l’établissement d’une identité juridique solide et l’accélération de la numérisation sur le continent africain.
Cette journée a été instaurée pour répondre aux défis majeurs de l’enregistrement de l’état civil en Afrique, où des millions de personnes, en particulier des enfants, n’ont pas d’identité juridique officielle. Cela les rend « invisibles » pour l’État, les privant d’accès à des services essentiels et à la protection sociale.
À travers l’instauration de cette journée, la Commission de l’Union Africaine encourage ses États membres à l’enregistrement rapide et gratuit des naissances et des autres faits d’état civil pour que chaque individu ait une identité légale. Elle plaide aussi pour le renforcement et la modernisation des systèmes d’enregistrement de l’état civil et des statistiques vitales afin que ces pays disposent de données démographiques précises et à jour pour une meilleure planification du développement économique et social, ainsi que pour le suivi des Objectifs de Développement Durable (ODD).
Au Tchad, le système d’enregistrement des faits d’état civil et des statistiques présente d’importantes lacunes malgré les efforts de réforme, notamment l’Ordonnance N°002/PR/2020 du 14 février 2020 portant organisation de l’état civil, le système souffre toujours de faiblesses. Le pays est confronté à un faible taux d’enregistrement des naissances, un cadre juridique et institutionnel inadéquat, ainsi qu’à une faible sensibilisation de la population.
Comme la plupart des pays du continent, le Tchad figure parmi les pays où le taux d’enregistrement des naissances des enfants de moins de 5 ans est particulièrement faible. Entre 2014-2015, il était de 12 %, et seulement 9 % de ces enfants avaient un acte de naissance, et dans les zones rurales ce taux est encore plus bas, soulignant l’urgence de mener des actions en ce sens.
L’enregistrement de l’état civil est considéré comme la base de toute infrastructure d’identification juridique et de bonne gouvernance. Bien que cette journée soit passée inaperçue dans le pays, la responsabilité incombe au Gouvernement à travers le Ministère en charge de la petite enfance et ses partenaires de multiplier les efforts pour que l’enregistrement des faits d’état civil et des statistiques de l’état civil soit une réalité dans le pays de Toumaï.
Pansi Crépin Karbo/Dari Infos