Un fait rare dans l’histoire de l’humanité. Deux américains sont en première ligne des relations internationales pour les 4 prochaines années. L’un, 47ème Président du pays qui domine le monde et l’autre, dirigeant du Vatican, auréolé d’une autorité morale et temporel reconnue. Tout les a opposés au départ, jusqu’à ce qu’ils révèlent leur point commun dans le règlement des conflits dans le monde.
Trump est Evangélique, Léon XIV Catholique. La nationalité d’un Pape n’est pas fortuite. En 1978, le polonais Jean Paul II a été élu par les cardinaux en majorité Italiens pour redonner l’espérance aux chrétiens catholiques persécutés à cause de leur foi et réduits au silence par le pouvoir communiste. Le Pontife avait tenu des propos durs contre la politique soviétique dans son pays. « Le pape Jean-Paul II visitera son pays natal dès le début de son pontificat en 1979, puis de nouveau en 1983 et en 1987.
Les rassemblements populaires suscités par ses visites, son soutien explicite au syndicat Solidarnosc de Lech Walesa, joueront un rôle décisif dans la chute du pouvoir communiste en Pologne (1989), premier acte de la débâcle du bloc de l’Est. Le dernier leader soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, lui rendra d’ailleurs hommage en ces termes :«Rien de ce qui s’est passé en Europe de l’Est n’aurait été possible sans la présence de ce pape»., rapporte le Parisien.
Tout porte à croire que le contexte n’est pas le même aux Etats-Unis où malgré une domination numérique des Evangéliques (40%), les 19% des Catholiques expriment leur foi sans inquiétude. La mission de Léon XIV serait principalement d’influencer la redynamisation de la foi catholique en Amérique du Nord et promouvoir un contre modèle de la politique sociale de Donald Trump. Le Président américain, partisan invétéré du capitalisme, du protectionnisme et de la diplomatie transactionnelle a procédé à la suppression de l’aide américaine à destination des pays pauvres et des groupes sociaux vulnérables, à la hausse prohibitive des droits de douane et au renvoi des migrants. Il est moulé dans les affaires.
L’évêque de Rome de par son parcours est plutôt proche des Démocrates qui sont le Parti de gauche aux Etats-Unis. Il a fait de solidarité envers les personnes vulnérables au Pérou, terre de sa mission pastorale pendant 20 ans. Il a fait construire des écoles au Kenya et s’ouvre aux pauvres sans distinction. Pas Donald Trump.
En revanche, l’élection de Léon XIV a fasciné Donald Trump qui se dit prêt à rencontrer son compatriote. Bien avant, les deux américains parmi les personnalités au monde sont attachés à la paix même s’ils n’ont pas la même approche.
Léon XIV plaide pour une paix en Ukraine et au Gaza sans conditions. Trump veut aussi la paix, et l’a affirmé pendant sa campagne mais vise toujours un intérêt pour les USA. Il joue un rôle accélérateur dans le règlement de conflit en Ukraine en échange des terres rares.
En RDC, il espère l’exploitation du Cobalt et du Coltan. Son option pour la paix au Gaza a fait l’objet de critiques internationales.
Deux américains au pouvoir stratégique dans la première moitié du 21ème siècle. Leurs gestes seront scrutés de près jusqu’à ce que l’un disparaisse de la scène.
Succès Ngarpolo