L’Alliance des Etats du Sahel (AES) s’impose désormais comme un acteur géopolitique et des relations internationales. Les membres ont tendance à suivre une vision partagée des décisions politiques. Jusqu’à présent, pas de fausse note sur le plan de la politique étrangère. En revanche, une réforme politique interne uniforme semble être plus difficile à cause des contextes différents.
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, les membres fondateurs de l’AES ont créé un bouleversement géopolitique dans le Sahel. Dans leur volonté commune de venir à bout du terrorisme, les autorités de transition des trois pays veulent mener une vie politique similaire. Au point que la décision de l’un des Etats dans un domaine de la vie étrangère est toujours suivie par les autres.
L’opinion a été témoin de la rupture collective avec la France, la négociation conjointe avec le Maroc pour l’accès à l’Océan Atlantique ou encore le retrait de la Francophonie. Les autorités sont tentées d’adopter aussi une même ligne de conduite sur le plan interne.
L’exemple illustratif est le processus des politiques de la refondation. Les forces vives au Burkina Faso ont décidé d’accorder 5 ans de transition supplémentaire au Capitaine Ibrahim Traoré. Au Niger, les recommandations des assises nationales ont donné lieu à des décisions similaires et réduit les partis politiques au nombre de 5. Abdourahaman Tchiani part lui aussi pour une durée de 5 ans. Au Mali, les récentes concertations ont voulu accorder les mêmes possiblités aux autorités de transition actuelles. Mais contrairement dans les deux autres pays, une bonne partie de l’opposition et de la société civile est vent debout contre les nouvelles orientations de la refondation du pays. L’idée d’une réduction du nombre de partis politiques ne passe pas.
Le Mali est le premier pays de l’AES à entamer sa transition. Les opposants au Président Assimi Goita l’accusent d’avoir utilisé le pouvoir à des fins personnelles et non pour faire avancer les choses.
Pour la première fois, des manifestations ont eu lieu dans la capitale Bamako, malgré l’interdiction des autorités. Les maliens descendus dans la rue exigent la démission des autorités de transition et réclament une annulation des recommandations des nouvelles assises jugées non inclusives. Ils sont las de la propagande souverainiste et d’attendre la normalisation de la situation politique. Les jours à venir seront décisifs pour le cas du Mali. Si les recommandations sur le modèle du Niger et du Burkina passent, le suivisme constitutionnel dans l’AES va se poursuivre. Si les autorités de la transition reculent, cela constituera une première dans l’AES où les rassemblements citoyens étaient toujours organisés pour soutenir les autorités de transition.
Assimi Goita, déjà privé du soutien de Abdoulaye Maiga, pourra-t-il trouver une issue pacifique à ce bras de fer ?
Les Etas de l’AES doivent être prudents dans leur politique intérieure. Tout suivisme constitutionnel n’est pas payant.
Succès Ngarpolo