Le Tchad a commémoré l’édition 2025 de la Journée mondiale de la liberté de la presse, pour une grande part, sous le sceau de la réflexion sur l’écosystème médiatique. Telle est l’initiative de l’ONG Médias pour le Développement (MEDEV) qui a réuni les acteurs autour du thème : ‘’Médias libres, démocratie forte : quel avenir pour la liberté de la presse à l’ère de la désinformation ?’’, dans les locaux de Campus France, ce 3 mai 2025. Les avis sont partagés de ce droit constitutionnel au Tchad.
Les journalistes, absorbés d’habitude par la chasse à l’information, ont trouvé une fenêtre de temps pour évaluer le fondement et les pratiques de leur métier, l’état des lieux de leur impact et les perspectives. Cette réflexion, orientée par le thème du MEDEV a permis, à la suite de l’interaction avec un panel, de dégager deux regards différents, optimiste et pessimiste, sur le travail du journaliste au Tchad.
Laldjim Nacisse, ancien journaliste et Correspondant de Reporters Sans Frontière au Tchad, incarne la face optimiste du journalisme au pays de Toumai. Il a retracé l’histoire de la liberté de la presse et situe son développement à partir de la chute de la dictature de Hissein Habré en 1990. En se basant sur la comparaison des régimes politiques avant et après 1990, il croit que la liberté de la presse est effective au Tchad par rapport à certains pays comme le Togo. En revanche, le doyen demande avec instance aux journalistes de respecter le Code d’Ethique et de Déontologie, d’être constants dans le traitement de l’information et se faire respecter par les autres acteurs de la vie nationale, publics ou privés. En clair, son appréciation de la liberté de la presse est à l’aune de l’évolution du nombre des médias au tchad.
Même son de cloche du côté de Laouro Gondjé, ancien Journaliste et actuellement Conseiller à la Haute Atorité des Médias Audio-Visuels (HAMA). Avec des chiffres partiels, il a montré que le nombre actuel des médias est un indicateur significatif d’un espace médiatique pluraliste et indépendant. Comme son pair Narcisse, il a tenu les Journalistes responsables de la dévalorisation de leur métier. Et a profité de la tribune pour balayer du revers de la main les accusations portées par les journalistes, contre la partialité de la HAMA. Il se dit optimiste pour l’avenir de la presse au Tchad, pourvu que les Hommes des médias soient professionnels.
Voix discordante du panel, Azoudoum Aweina Gédéon, Journaliste et CEO de RéVACom a mis l’accent sur le lien entre la liberté de la presse et de la démocratie en convoquant principalement les pensées de Victor Hugo et le contexte français. Selon lui, la liberté de la presse précède de la démocratie et n’est efficace qu’avec le droit du vote. Par cette théorie, il a démontré que le contexte socio-politique et économique au Tchad n’est pas encore favorable au développement de la liberté de la presse, qu’il refuse de réduire à une simple augmentation du nombre de médias. Il faut en amont travailler à la mise en place des institutions véritablement démocratiques, à la promotion de la culture de la démocratie et au développement d’un cadre économique compétitif.
Tous les panelistes se sont entendu sur une chose : la plupart des journalistes ne sont pas à la hauteur et doivent redoubler d’effort pour faire retrouver au métier ses lettres de noblesses.
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