Les travailleurs du Tchad se sont unis à leurs pairs dans d’autres nations pour donner une couleur à la journée du premier mai. Cette célébration vient rappeler les interminables revendications sociales des employés vis-à-vis des employeurs. Au Tchad, les syndicats qui sont les cadres de défense des intérêts des travailleurs sont dominés par les hommes, dans un contexte de combat pour l’égalité homme et femme, par souci de bonne gouvernance.
Les institutions inclusives sont vectrices de paix sociales parce qu’elles favorisent la prise en compte des intérêts du plus grand nombre de groupes sociaux. Elles préviennent les frustrations et le recours à la violence pour se faire entendre. Le Tchad s’est engagé à faire une place importante aux femmes dans tous les secteurs de la société.
L’ordonnance 12 de 2018 et son décret d’application font obligation aux acteurs ayant le pouvoir de décision d’accorder un quota de 30% de place dans les fonctions électives et nominatives. Les exigences qui concernent les fonctions électives touchent les ordres professionnels et les syndicats.
Suivant les mobilisations médiatiques ou sociales, on traite à chaud certaines inégalités devenues trop criantes. On intervient sur certains points, sans approche systématique de la question. Si un progrès vers la parité homme-femme est observé dans la formation, l’accès à l’emploi et la rémunération, la participation syndicale des femmes est un défi.
Après 65 ans de lutte syndicale postcoloniale, les femmes n’ont pas toujours droit au chapitre alors qu’elles ont beaucoup de droits à faire valoir. La plate-forme syndicale revendicative, la plateforme revendicative, et les syndicats et centrale syndicales qui les composent sont dirigés exclusivement par des hommes.
C’est le cas du Syndicat des Enseignants et Chercheurs du Supérieur (SYNECS), le Syndicat des Médecins du Tchad (SMT) et l’Union des Syndicats du Tchad (UST).
La parité homme-femme est un facteur essentiel pour permettre aux femmes de continuer à jouir pleinement de leurs droits économiques. Le droit syndical est un instrument d’amélioration des conditions de leur travail et de garanti des droits effectifs, entre autres les congés de maternité, le plan de carrière et la criminalisation de la discrimination sous toutes ses formes. Sans cela les droits économiques acquis sont fragiles.
Les femmes manqueront de faire entendre leurs voix par rapport aux différentes réformes engagées par le Ministère de la Fonction Publique et du Dialogue Social au sujet du droit du travail, de la convention collective et du code de la protection sociale.
Entre résignation, peur, doute de leadership, patriarcat et manque de socialisation syndicale, les femmes ont besoin de l’ouverture des hommes et de l’accompagnement de l’Etat pour prendre leur destin en main. Elles constituent plus de la moitié de la population et leur exclusion dans les instances de prise de décisions syndicales n’est qu’injustice.
Succès Ngarpolo /Dari infos